Publié le 10/09/2009 à 16:54 par zatyah
[ CYBERCRIMINALITE A SCAM 419 ]
Ce sont les nouveaux maîtres de Cotonou, Porto-novo, Parakou… minorité triomphante au sein d’une population qui croule sous le poids de la vie chère. Véritable génération dorée de l’ère des technologies de l’information et de la communication, ils se font transférer tous les jours des dollars, échangent en Euro ou négocient en livre sterling avec un cortège conséquent de drames humains. Face à la prolifération de cette race d’internautes qui transcende les nationalités dans la sous région Ouest africaine, il est utile de s’interroger sur les facteurs qui favorisent le phénomène au Bénin.
Hugues A. Ahounou
Un grand cybercafé en plein coeur de Cotonou, 08 heures, un lundi matin. A peine les portes de l’établissement ouvertes et déjà plus aucun ordinateur de disponible pour naviguer. Une clientèle d’un genre singulier, particulièrement appréciée de certains gestionnaires de cybercafé pour leur assiduité et les abonnements de très longue durée qu’ils souscrivent, est déjà en place. On les reconnait à leur look dans le vent : jeans+body+all stars avec plus ou moins de variantes, à leur air désinvolte et au luxe de précautions qu’ils développent envers leurs voisins de cyber. Ils se déplacent de préférence en Djenana (motos japonaises à quatre temps en vogue à Cotonou) et sont essentiellement nigérians et béninois. A Cotonou on les appelle « Gaymen », « Computermen »…et sont adeptes de la nouvelle ruée vers l’or, le « scam 419 » (prononcer four-one-nine) autrement désignée par l’acronyme anglais AFF (Advanced Fee Fraud). Précisons que le « Scam » englobe des réalités multiformes, bien distinctes. A côté des réseaux à caractère international, bien organisés dont les premiers sévissent depuis les années 1970 (sans internet, bien entendu), pullulent des « cyberbandits » moins nuisibles. Ce sont essentiellement des jeunes gens, pris au piège de l’argent facile qui, bien loin de l’Afrique qui se lève tôt et qui trime pour subvenir à ses besoins, ont choisi d’exploiter à leur compte et sans état d’âme les réalités de leur temps : écumer les autoroutes de l’information. Cible préférée, l’Occidental flairant l’affaire en or en Afrique, mais pas seulement…
« Scam 419», des procédés pernicieux…
Le « scam » (« ruse » en anglais), est une pratique frauduleuse d’origine africaine, consistant à extorquer des fonds à des internautes en leur faisant miroiter une somme d’argent dont ils pourraient toucher un pourcentage. L’arnaque du scam est venue du Nigéria, ce qui lui vaut également l’appellation « 419 » en référence à l’article du code pénal nigérian réprimant ce type de pratique. Ce type de cybercriminalité fait partie des six grandes formes de fraudes sur Internet recensées par le FBI (Fédéral Bureau of Investigation, États-Unis, principal service fédéral de police judiciaire et service de renseignement intérieur) dès 2001. L’arnaque du scam est classique : vous recevez un courrier électronique (un spam ou pourriel, courrier électronique indésirable et non sollicité) de la part du seul descendant d’un riche africain décédé il y a peu. Ce dernier a déposé plusieurs millions de dollars dans une compagnie de sécurité financière et votre interlocuteur a besoin d’un associé à l’étranger pour l’aider à transférer les fonds. Il est d’ailleurs prêt à vous reverser un pourcentage non négligeable si vous acceptez de lui fournir un compte pour faire transiter les fonds. En répondant à un message de type scam, l’internaute s’enferme dans un cercle vicieux pouvant lui coûter de quelques centaines de dollars, d’euros… s’il mord à l’hameçon et même la vie dans certains cas. En effet, deux cas de figures se présentent : Soit les échanges avec l’escroc se font virtuellement auquel cas celui-ci va envoyer quelques « documents officiels » pour rassurer sa victime et petit à petit lui demander d’avancer des frais pour des honoraires d’avocats, puis des frais de douanes, des frais de banque, etc. Soit la victime accepte, sous pression du « cyberbandit », de se rendre dans le pays avec la somme en liquide auquel cas elle devra payer des frais pour pouvoir rester dans le pays, payer des frais de banque, soudoyer des hommes d’affaires, et ainsi de suite. Dans le meilleur des cas la victime rentre chez elle en avion délestée d’une somme d’argent non négligeable, dans le pire scénario plus personne ne la revoit... et les cas sont légion. En fait tout se passe suivant une technique rôdée depuis la nuit des temps : la technique du chasseur. Il s’agit d’appâter la proie (ici on dirait le pigeon), lui faire miroiter une opportunité à même de changer sa vie (un miroir aux alouettes, donc) puis d’organiser une battue impitoyable pour la traquer et la rabattre vers le piège (on la met en confiance avec de fausses garanties) pour la ferrer (pousser l’internaute à la décision) et ensuite s’évanouir dans les méandres de la toile. A côté des gros réseaux qui abusent en professionnels organisés des méthodes décrites plus haut, le menu fretin existe, et prospère dans le terreau fertile d’un pays comme le Bénin. Ces cyber bandits là s’apparentent beaucoup plus à une engeance de faussaires à la petite semaine. Leurs méthodes sont plus diverses. Un exemple, ils se font passer pour de grosses firmes nationales ou internationales dont ils détournent les logos. Ainsi vous sont proposés des emplois souvent à l’extérieur du pays, des voyages, des lots, des animaux exotiques rares… que vous seriez les seuls à avoir gagnés sur un échantillon de plusieurs millions d’internautes. Seule condition pour toucher le pactole, l’envoi de frais de dossier ou de transport… A cet effet, le webmaster du site internet anglais Fraudwatchers.org, spécialisé dans la détection du scam affirmait en Avril dernier : « Toutes les annonces avec une connexion au Bénin (229), Cameroun (237), Côte-d’Ivoire (225), Togo (228), Nigeria (234) sont des arnaques ; Tout don, ou vente a prix ridiculement peu élevé d’animaux de valeurs, de perroquets, quad, camping car, auto, moto sont normalement des arnaques ; Toute demande par un étranger que vous le payez via Western Union ou Money Gram doit être automatiquement considéré comme une arnaque jusqu’à preuve (solides) du contraire ». D’autre part, les opérateurs de téléphonie mobile installés sont par ailleurs piratés pour envoyer sur les téléphones portables des usagers ces mêmes messages. Toutes les firmes concernées ainsi que Microsoft, Coca-cola, Bank of Africa, les agences gouvernementales d’immigration… font souvent les frais de ces pratiques et s’empressent de démentir toute implication. …
...Aux conséquences dramatiques
La fraude 4-1-9 a été à l’origine de plusieurs morts violentes, dans les cas les plus graves. Les faits les plus célèbres ne datent pas d’hier : en juin 1995, un Américain a ainsi été assassiné à Lagos, au Nigeria, après avoir tenté de récupérer son argent ; en février 2003, un Tchèque a tué par balle un diplomate nigérian qu’il prenait pour un responsable de l’escroquerie. En janvier 2004, un Britannique s’est suicidé suite à une dépression provoquée par une escroquerie par scam ; en décembre 2004, un Grec, victime de scam, a été kidnappé à Durban en Afrique du Sud : une rançon a été demandée mais n’a pas été payée, il a été mutilé puis assassiné… etc. La 419 unit du site néerlandais Ultrascan. nl qui recense depuis 1996 les cas de fraude 419 au niveau global avec un réseau de 3.200 experts dans 69 pays, qui travaille par ailleurs sur la base des données de la police néerlandaise a publié le 19 Février dernier un rapport édifiant. Il considère cette forme d’escroquerie comme la plus rentable pour les contrevenants, celle qui entraine les plus grandes pertes au niveau mondial (plus de 32 milliards de dollars US à ce jour, 4,3 milliards rien qu’en 2007) ; avec le plus grand nombre de contrevenants organisé (plus de 300.000 au niveau mondial, avec une croissance de 3% par an, c’est-à-dire plus rapidement que jamais) ; Celle qui a occasionné le plus de victimes : une toutes les minutes, 1700 par jour. Le rapport déplore que les gouvernements concernés ne déploient pas assez d’efforts pour lutter contre le fléau pendant que la connexion à internet devient de moins en moins chère. Tout en précisant que la 419unit n’est pas une source officielle, elle a relevé que sur 17.475 cas reportés en 2007, 26 venaient du Bénin.
Le terreau fertile du Bénin
Le premier facteur de prolifération de ce phénomène est la relative facilité avec laquelle il peut être perpétré. D’abord, tout le monde peut devenir Gaymen : à condition de savoir lire et écrire, envoyer et recevoir des mails…Ajoutons un peu de mauvaise foi, la capacité à prendre des libertés avec la vérité et à manipuler son sujet. Ensuite, l’activité se développe parce que les succès stories existent : les nombreux élèves, étudiants béninois qui s’y adonnent, souvent en bandes, voient toutes les semaines un de leurs copains ou un « collègue » nigérian recevoir la timbale, c’est-à-dire un gros transfert. Tertio, il faut le dire le phénomène arrange tout le monde, à l’exception du pigeon bien entendu. Les Gaymen, avec de l’argent plein les poches représentent bien souvent la dernière soupape d’une économie à bout de souffle. Certains cybers ne sont ouverts qu’en prévision de l’argent qui sera investi par eux. Les bars et les boîtes de nuit sont achalandés. Les firmes de transfert d’argent – même s’ils n’y sont pour rien – voient leurs activités prospérer. Les gaymen sont de bons locataires et en général de très gros consommateurs des biens et services qui font vivre une véritable économie parallèle dans les localités où ils vivent. Dernier facteur l’absence de législation et de véritable répression (A ce propos lire l’interview de Me Désiré Aihou, avocat au barreau et professeur à l’Uac qui s’exprimait lors de la troisième session de formation des magistrats juridictions membres de l’association africaine des hautes juridictions francophones à Porto-novo, où il a présenté une communication sur la cybercriminalité en général, le 25 Septembre dernier). Interrogé sur les raisons qui l’ont poussé à devenir gayman, Ike, un nigérian vivant au Bénin donne une réponse étonnante. Il se croit investi d’une mission de revanche sur l’histoire : « Ils (les Occidentaux, ndlr) ont pillé notre continent et l’ont vidé de ses ressources, c’est à notre tour ». Et d’ajouter : « ils venaient en traversant la mer, nous en utilisant leurs propres inventions n’avons pas besoin de nous déplacer. Par le net, nous allons jusque dans leurs propres maisons, leurs foyers, les soulager de ce qu’ils ont spolié à notre continent, à nos ancêtres ». « Qui les a inquiétés à l’époque ? Et aujourd’hui encore ? » Conclut-t-il. Cela laisse songeur. Bien loin de la spontanéité de Ike, les autres gaymen approchés aux abords d’un grand cyber de Cotonou se rebiffent. Seul Inoussa, élève en 3ème, gayman de fraiche date, avance timidement : « Moi, je fais ça pour subvenir à mes besoins, à ma scolarité ». « Je ne suis pas comme les autres qui dilapident l’argent des transferts, je n’ai pas le choix, il n’y a pas de boulot et de toute façon les jobs de vacances ne payent pas bien ». Cette dernière réponse est d’autant plus étonnante que le scam éloigne justement des bancs une bonne frange de la jeunesse béninoise et il importe d’agir.
Publié le 10/09/2009 à 16:11 par zatyah
[INDUSTRIE CIMENTIERE, ENVIRONNEMENT ET SANTE]
Le voile blanchâtre dont se revêtent bien involontairement Sèkandji (localité abritant une cimenterie, à la périphérie de Cotonou) et ses habitants à certaines périodes de l’année prouve à quel point les cimenteries peuvent être des sources d'émissions de poussières alvéolaires donnant à leur voisinage un aspect caractéristique. A l’heure du développement durable, éclairage sur une industrie qui gagnerait à se mettre au vert.
Hugues A. Ahounou
Le Ciment défini comme « un liant hydraulique, c’est-à-dire un matériau minéral finement moulu qui, gâché avec de l’eau, forme une pâte qui fait prise et durcit par suite de réaction et de processus d’hydratation et qui, après durcissement, conserve sa résistance et sa stabilité même sous l’eau », est fabriqué à partir de la pierre calcaire, mélangée à de la marne ou à des argiles. Il existe deux catégories de ciments: les naturels et les artificiels. Des multiples ciments artificiels produits de par le monde, le ciment « portland » est le plus connu et le plus utilisé dans la plupart des pays. C’est d’ailleurs le type de ciment produit par les cimenteries béninoises.
Du calcaire au clinker, trois chemins mènent à Rome
La première étape de la fabrication du portland est l’extraction de la matière première dans une carrière et la préparation du « cru ». Les matières premières entrant dans la fabrication du ciment sont essentiellement du calcaire (80 %) et de l’argile (20 %). Elles sont extraites des carrières puis amenées jusqu’à l’usine où elles sont concassées. De la silice, de l’alumine et de l’oxyde de fer peuvent être ajoutés pour assurer une même qualité du mélange indépendamment de la qualité de la matière première. La matière première est homogénéisée et séchée : c’est l’étape du broyage à la fin de laquelle on obtient de la farine crue, également désignée par le terme « le cru ». On passe ensuite à la « cuisson » pour obtenir du clinker. Le cru est cuit dans un four. Trois méthodes sont possibles, de la plus ancienne à la plus récente. D’abord, la « voie humide », amenée à disparaître car elle consomme de 30 à 40 % d’énergie en plus par rapport à la voie sèche. Dans ce procédé, la farine crue est transformée en pâte liquide par ajout d’eau puis broyage et malaxage avant d’être introduite directement dans un four qui sera alors plus long (jusqu’à 200 m contre 80 m pour les autres méthodes). Ce procédé consomme beaucoup de combustible pour évaporer l’eau excédentaire. Le premier choc pétrolier - celui de 1973 - a sonné le glas de cette méthode.
Pour la « voie semi-sèche (ou semi-humide) », la farine est agglomérée en granules de 10 à 20 mm de diamètre par humidification. Ces granules passent d’abord un échangeur à grille (tour de préchauffage où les granules sont mises en couche et chauffées par un gaz chaud) puis dans un four. Dans le dernier procédé, la farine peut être introduite dans le four sous forme pulvérulente : il s’agit de la voie sèche. Dans ce cas, elle passera d’abord dans un échangeur à cyclone (tour de préchauffage où les particules en suspension sont chauffées à 800°C grâce à un gaz chaud) puis dans un four rotatif à 1450°C. C’est le procédé le plus récent et le plus répandu car il consomme moins d’eau et moins d’énergie que les deux autres. De plus, le surplus de poussières qu’il génère a été limité grâce aux avancées technologiques en matière de sécurité (électrofiltres…). Des filtres cyclones, puis des filtres multicyclones et enfin de puissants dépoussiéreurs électrostatiques, mis au point depuis quelques années, sont généralement installés à la base des cheminées d’évacuation des gaz, tandis que d’autres sont édifiés aux points critiques de l’usine. A la sortie du four, la farine crue a été transformée en clinker (par décarbonatation du carbonate de calcium qui donne la chaux vive qui elle-même se combine à la silice et à l’alumine par clinkérisation). Le clinker est donc un mélange de différents silicates et ferro-aluminate de calcium. Il est alors refroidi très rapidement.
Troisième étape de la fabrication du portland : le broyage du clinker et l’ajout d’additifs pour obtenir le ciment. Le clinker refroidi se présente sous forme de blocs qui doivent être broyés. Du gypse et des constituants secondaires (pigments, résines, laitiers des hauts fourneaux, pouzzolanes) peuvent être ajoutés pour donner au ciment des propriétés spécifiques. Il est ensuite broyé très finement (grains inférieurs à 40 microns) à l’aide d’un broyeur à boulets. La dernière étape est le conditionnement et l’expédition sur le lieu d’utilisation. Selon les cas, le ciment est envoyé en vrac ou en sac de 25, 35 ou 50kg. Au Bénin, le transport se fait principalement par voie routière, occasionnant une autre pollution.
Risque de pollution aux divers stades
Il est depuis longtemps établi que la fabrication du ciment pose le problème écologique de la libération d’une quantité considérable de CO2 : pour une tonne de ciment fabriqué, une tonne de dioxyde de carbone est relâchée dans les airs. Et pour cause. Dans son cours d’Ecologie industrielle, le Professeur titulaire Michel Boko, Chef du département de climatologie de l’Université d’Abomey-Calavi précise que « pour produire une tonne de ciment, il faut réduire à l'état de poudre 2,8 tonnes environ de matières premières et de clinker ». Il ajoute que « cette transformation est l'un des facteurs de la pollution ». Et de résumer les risques de pollution aux divers stades de la fabrication. On apprend ainsi qu’à la Carrière de pré-concassage, les matériaux extraits des carrières et concassés sont souvent légèrement humides et ne donnent, par conséquent, pas lieu à des émissions considérables. Ensuite à l’étape de la préparation de la pâte crue et de la poudre, peu de problèmes de pollution se posent dans les ateliers. Par contre, des émissions de poussières se produisent fréquemment lorsque les matériaux concassés sont réduits en poudre dans des broyeurs- sécheurs à boulets. De même, lors du séchage du charbon et du laitier, des poussières sont parfois émises, essentiellement dans les usines utilisant le charbon pour la cuisson au four rotatif et le laitier comme matière première ou comme produit d'addition. Plus tard à l’atelier de cuisson, les principales émissions sont dues à l'entraînement des poussières dans les gaz d'échappement du four et à la teneur en soufre des combustibles utilisés. Ici, toute marche irrégulière du four accentue l'importance des émissions de poussières. On retient aussi qu’alors qu'il fallait, il y a moins de vingt ans 1300 à 1800 kcal pour clinkériser une tonne de produit, dans les nouvelles installations à voie sèche, 800 kcal suffisent. Les quantités de gaz émis ont donc fortement diminué ainsi que leur vitesse et par conséquent les entraînements de poussières et les émissions d'oxydes de soufre. Il faut également noter qu'une partie importante de ces oxydes est neutralisée par les poussières alcalines entraînées par les gaz. Par ailleurs, lors du broyage du ciment, de l'ensilage, des opérations de manutention, de l'ensachage et de l'expédition, des émissions de poussières peuvent toujours se produire. Autant de risques de pollutions qui ne sont pas sans incidence sur le personnel des cimenteries ou les riverains.
Impact sur la santé à Sèkandji et Agongo
Plusieurs études et constats cliniques démontrent que les principaux risques liés à l’utilisation des ciments sont les effets sur la peau, dont il existe deux types : les phénomènes irritatifs liés au caractère basique, abrasif et hygroscopique du ciment et les phénomènes allergiques en raison de la présence de chrome, nickel ou cobalt. Le ciment est d’ailleurs reconnu comme étant à l’origine de maladies telles qu’ulcérations, dermites primitives, pyodermite, blépharite, conjonctivite, lésions et dermites eczématiformes. D’autres effets pourraient également être liés à la manipulation du ciment : affections de l’appareil respiratoire (bronchite chronique, pneumoconiose, silicose), troubles digestifs (ulcères gastro-duodénaux), atteintes rhumatismales et nerveuses (arthrite, rhumatisme), risque cancérigène dû à la manipulation des produits secondaires contenus dans leciment (silice, chrome…)… Une étude dénommée « Poussière de ciment et pollution d’eau de puits » réalisée en 1993 à Sèkandji et Agongo (à 1500 mètres de l’usine sise à Sèkandji) a mis en évidence la pollution de l’eau de boisson des populations environnantes par la poussière de ciment. Au regard de ce qui précède, il importe que les acteurs du secteur réfléchissent à des alternatives de prodcution plus propres, même si ces mécanismes devraient se traduire par une hausse des côuts de production qui serait probablement répercutée sur le consommateur. Sombre perspective au vu du prix actuel de la tonne de ciment sur le marché. Sombre mais necessaire. En attendant, les riverains des usines situées à la périphérie et même au coeur de l’agglomération de Cotonou ne demandent pas mieux que leur délocalisation.
Publié le 10/09/2009 à 15:13 par zatyah
[POLLUTION PAR OCCUPATION ANARCHIQUE DU DOMAINE PUBLIC]
La capitale économique du Bénin est quotidiennement confrontée à la convergence d’importants flux de personnes et de biens, à une densification démographique accompagnée d’une multiplicité d’activités en tous genres avec pour corollaire l’occupation de tout son espace disponible. Incivisme et instinct de survie ont réduit la cité côtière en une ville des flots au grand dam de l’arsenal réglementaire existant.
Hugues A. Ahounou
L’occupation du domaine public n’est pas interdite mais encadrée par une réglementation fournie. Comme l’ont souligné le Maire de Klouékanmé, Christophe Megbedji, et Julienne Agbali, de la Mairie d’Abomey-Calavi lors d’un atelier international, la situation d’occupation du domaine public à Cotonou et Calavi trouve sa source, entre autres, dans « l’exiguïté des parcelles, la rente foncière sans cesse croissante, la cherté de la location d’espace privé, la rareté des parcelles vides, la promiscuité etc. qui contraignent beaucoup de gens sans grand moyens à prendre d’assaut le domaine public pour des raisons diverses », en somme dans la très forte pression démographique subit par la ville.
Domaine public, zone de non-droit ?
Le domaine public désigne tout espace affecté soit à l’usage du public, soit à un service public ou tout bien (espaces physiques ou meubles) appartenant à des collectivités administratives et à des établissements publics, lorsqu’ils sont mis à la disposition directe du public usager. On pourrait ainsi citer les voies et leurs accessoires, les plages et jardins publics, les berges de lac, de lagune et d’étang ; les cimetières, les marchés, les établissements scolaires, les terrains de sports et aires de jeux, les centres de santé… Soit l’ensemble de ces lieux perçus comme des aires de détente, de recréation et de repos appartenant à l’Etat et par conséquent à tout le monde. A ce titre, le citoyen lambda estime pouvoir en faire un usage en temps voulu et sans risque d’être inquiété. Les textes définissent l’occupation du domaine public comme étant « toute occupation à titre privatif du domaine public, qu’elle soit compatible ou non avec l’affectation dudit domaine ». Sont à ce titre considérés comme utilisation du domaine public des comportements ci-après : l’installation de baraques, de kiosques ou d’apatams dans l’emprise de la voie publique ou ses accessoires ; la pose de panneaux publicitaires ou de banderoles ; l’entreposage dans l’emprise du domaine public d’épaves de véhicules ou de matériaux de construction ; l’installation sur des espaces publics ou sur les berges lagunaires d’infrastructures… Aux abords de toutes les rues et ruelles de Cotonou ou dans l’emprise de la voie s’observent ainsi des kiosques, baraques et apatams de tous ordres servant de cadre à l’exercice d’une activité. Cette occupation à titre commercial concerne également le dépôt sur les trottoirs et les « terre-pleins centraux » de petits panneaux mobiles publicitaires, enseignes et banderoles ; l’implantation tous azimuts aux abords des grands axes et sur les « terre-pleins centraux » de panneaux publicitaires géants ; l’exposition et le stockage de certaines marchandises dans le domaine public. D’autres types d’occupation ont trait à l’érection sur les berges lagunaires de Cotonou des habitations en matériaux définitifs ou dans l’emprise de la voie des bâches lors des manifestations festives ; la fabrication et le stockage de matériaux de construction dans le domaine public lors des travaux de construction ; l’abandon d’épaves de véhicules et autres engins dans le domaine public, la construction des ouvrages d’assainissement privés dans l’emprise de la voie et la transformation du domaine public en parkings privés. Ces divers types d’occupations ont souvent pour conséquences l’obstruction du passage, induisant un fort risque d’accident et la dégradation du bien public de même que la forte exposition aux pollutions de toutes sortes, le risque d’incendie et la réduction de la visibilité dans la ville. Ce qui précède pourrait laisser supposer une situation de vide juridique… loin de là ! Il va pourtant de soi que le législateur s’est penché sur la question.
Cadres légal, réglementaire et institutionnel
Plusieurs lois et arrêtés réglementent au Bénin l’occupation du domaine public ; Ainsi retrouve-t-on les loi n°97-028 portant organisation de l’administration territoriale ; n° 98-032 du 11-12-1990 portant loi-cadre sur l’environnement; n°87-015 du 21-09-1987 portant code d’hygiène publique de même que les arrêtés n° 39/CUC du 06-09-2001; n°024/CUC du 31-03-2004; n°026/CUC du 31- 03-2004). La loi n° 97-028 du 15- 01-1999 stipule en particulier dans son article 112 que « font partie du domaine public communal: les terres appartenant à la commune qui ont reçu de droit ou de fait une affectation locale ; les terres appartenant à la commune et qui supportent des ouvrages d’intérêt public chaque fois que la charge incombe à la Commune ». Le cadre structurel et organisationnel défini retient que c’est le Ministère de l’environnement appuyé par la Police environnementale qui ont mandat d’informer, d’éduquer, de sensibiliser et de réprimer tout contrevenant aux dispositions relatives à l’occupation anarchique du domaine public. La Direction des services techniques a, quant à elle, à charge la pose et la confiscation des panneaux publicitaires et banderoles anarchiquement implantés ; la destruction des baraques, kiosques et apatams illégalement installés dans l’emprise de la voie publique ; l’enlèvement et la confiscation des matériaux de construction et des épaves de véhicules anarchiquement entreposés dans l’emprise de la voie publique ; le déguerpissement des occupants illégaux du domaine public. D’autre part, la Direction des Services Marchands reçoit la demande de tout citoyen désireux d’occuper le domaine public; inspecte les lieux, analyse et étudie la demande; vérifie si l’espace n’est pas réservé à une réalisation publique prévue dans le plan d’aménagement avant d’autoriser éventuellement l’occupation du domaine public sur demande de tout citoyen contre une redevance versée aux services des impôts. En cas d’infraction - occupation du domaine public sans autorisation ou sans respect des limites fixées par les autorités compétentes - les contrevenants s’exposent à des amendes pécuniaires allant de 15.000 à 20.000 FCFA ; à l’enlèvement, à la confiscation, à la dépose, à la destruction et au déguerpissement. Force est de constater qu’aujourd’hui, toutes ces dispositions ne sont pas très dissuasives… Il faut pourtant nettoyer les écuries d’Augias… Christophe Megbedji et Julienne Agbali ont émis quelques approches de solutions intéressantes. Il s’agirait de rationaliser les demandes de construction de terrasses et d’assurer une sécurité juridique et financière des droits qui s’y attachent et de mieux encadrer les ventes à l’étalage. De même, ils invitent à « prendre et mettre en application les arrêtés municipaux pour réglementer l’occupation du domaine public ». Il faudrait également organiser à l’endroit des populations des séances de sensibilisation, puis chaque fin du mois des opérations de contrôle et de répression mais aussi d’encadrer l’implantation et la gestion des panneaux publicitaires. Question répression, ils en appellent à faire déguerpir les occupants illégaux des berges et les baliser et à procéder à la démolition de tout ouvrage d’assainissement privé installé dans le domaine public. Seulement même les plus radicales de ces mesures pourront-elles atteindre leur cible quand on sait que les dérapages actuels proviennent de la violation des dispositions déjà existantes ? « On intervient aujourd’hui, ils reviennent s’installer demain » se désolait un agent municipal. Tant que les problèmes d’insuffisance du personnel chargé de la répression, du manque de moyens adéquats ne seront pas résolus ; que le courage politique nécessaire pour prendre des mesures drastiques à l’encontre de potentiels électeurs ne sera pas consenti, les efforts ponctuels des autorités à divers niveaux dans un contexte généralisé d’incivisme et de « débrouillardise » resteront désespérément vains et improductifs. Et Cotonou demeurera telle qu’elle se présente aujourd’hui : un souk à ciel ouvert. Déjà qu’elle est mal assainie avec ses flaques d’eau jonchées de nids de moustiques et d’immondices où s’engraissent porcs, canards et autres bestioles errantes...Cotonou la souillon, c’est une autre histoire.
Publié le 10/09/2009 à 15:05 par zatyah
Un texte majeur frappé du sceau de la confidentialité
Les comportements préjudiciables à l’environnement se perpétuent au quotidien en dépit de la promulgation - il y a bientôt 22 ans - de la loi n° 87-15 du 21 septembre 1987 portant code d'hygiène publique en République du Bénin. Une anomalie lorsqu’on sait que ses dispositions recouvrent quasiment l’ensemble de la réglementation environnementale.
Hugues A. Ahounou
Il serait réducteur de ne considérer la loi n° 87-15 du 21-9-1987 que comme un texte qui précise les interdictions et les recommandations en ce qui concerne les mesures pour une bonne gestion des déchets et autres produits chimiques nuisibles pour la santé.
D’aucuns considèrent cette loi, sur laquelle s’appuie, en grande partie, la réglementation en matière d'hygiène et de santé, comme l'une des toutes premières sources générales du droit de l'environnement au Bénin. En effet, à travers l'hygiène sur les voies publiques, l'hygiène des habitations, l'hygiène des denrées alimentaires, l'hygiène sur les établissements classés, les marchés et les activités commerciales en plein air, l'hygiène des places publiques et des plages, l'hygiène concernant l'eau pour diverses utilisations, l'hygiène des installations industrielles et l'hygiène relative aux contrôles sanitaires aux frontières, ainsi que celle relative à la lutte contre le bruit et la pollution du milieu naturel, cette loi couvre presque tous les domaines de la réglementation environnementale.
Son intérêt principal, c'est d'être aussi détaillée que possible sur les différentes questions environnementales qu'elle réglemente. Elle comporte cent soixante-huit articles alors que la loi-cadre sur l'environnement n'en compte que cent vingt-deux. Mieux, les sanctions qu'elle prévoit pour les violations de ses dispositions paraissent plus réalistes au regard du niveau de développement socioéconomique du pays, par rapport à celles que prévoit la loi-cadre. Trois actes réglementaires concourent à l'application effective de cette loi. Il s'agit du décret n° 97-616 du 18 décembre 1997, portant application de la loi n°87-015 du 21 septembre 1987 portant Code d'Hygiène Publique ; du décret n°97-624 du 31 décembre 1997, portant structure, composition et fonctionnement de la Police Sanitaire, et de l'arrêté n°302 MS/DC/SA, du 6 février 1995, portant attributions, organisation et fonctionnement de la Direction de l'Hygiène et de l'Assainissement de Base (DHAB) qui définit la mission de la Direction de l'hygiène et de l'Assainissement de Base, organise le fonctionnement de cette direction par l'action de ses services. C’est d’ailleurs à cette direction qu‘incombe l’application de la 87-15. [FONT=Impact][COLOR=red]
Publié le 14/06/2007 à 12:00 par zatyah
Meilleure pour l’environnement que pour la santé ?
Le désir de manger plus « sain » depuis les tragiques épisodes du veau aux hormones, de la vache folle et du poulet à la dioxine ainsi que le besoin de durabilité avaient poussé des consommateurs, notamment occidentaux, à se détourner des produits de l’agriculture industrielle, au profit de la filière « bio », développée, entre autres, dans les pays ACP. Depuis quelques années cependant, des chercheurs relèvent des angles aigus dans l’esquisse lisse et sans aspérités de ce mode de production…
Hugues Ahounou
L’agriculture biologique est un mode de production agricole exempt de produits chimiques de synthèse et soumis aux normes strictes d’organismes certificateurs sur le plan international. Elle est basée sur la gestion rationnelle de la fraction du sol, dans le respect des cycles biologiques et de l’environnement, tenant compte des connaissances en écologie pour une production de qualité, équilibrée, plus autonome, plus économe et non polluante. Ses fondements théoriques utilisent les notions de système (il ne s’agit pas de nourrir directement la plante, mais de fonctionner avec tout l’écosystème air-eau-sol-plantes- animaux sans le forcer) et de respect des éléments naturels (nourrir une vache avec de l’herbe, et non avec des concentrés contenant des sous-produits animaux; la terre est un milieu vivant que l’on «nourrit» par la pratique du compostage des matières organiques pour assurer sa fertilité). L’agriculture biologique met en avant le plan qualitatif dans son mode de production. Il ressort de la lecture de certains périodiques comme la revue l’Ecologiste que les rendements quantitatifs de la plupart des cultures biologiques sont légèrement inférieurs à ceux de l’agriculture conventionnelle. L’agriculture biologique généralisée entraînerait une légère baisse de la production agricole qui diminuerait l’excédent agricole européen et américain, au contraire, en Afrique, elle permettrait une hausse de la production agricole du fait de la meilleure prise en compte des éléments naturels et des réponses appropriées. Surtout, cela permettrait une garantie de durabilité de l’agriculture. L’agriculture conventionnelle ne serait, en effet, pas viable (économiquement, comme écologiquement) à long terme du fait de l’érosion des sols et des coûts indirects non pris en compte (frais de santé et dépollution par exemple) qui, s’ils sont pris en compte démontrent la pertinence de l’agriculture biologique.
La garantie d’une alimentation saine
Le docteur Antoine Nader (Docteur en médecine de l’université américaine de Beyrouth (Liban), docteur en sciences cognitives et en neurologie du M.I.T (Massachusetts Institute of Technology, aux Etats-Unis) : département d’endocrinologie, Harvard Medical School, Massachusetts General Hospital, Massachusetts Institute of Technology) a publié un article (Review of Scientific Research on the Importance of Growing Food Organically, and the Full Development of Nutrients by Allowing the Ripening Process of the Fruit to Take Place in the Tree Itself ) concernant l’importance, d’opter pour une alimentation saine basée sur l’agriculture biologique. Il y soutenait que « les travaux scientifi ques les plus récents montrent que les méthodes de production exercent une profonde influence sur la qualité et les composants de nos aliments ». Avant d’ajouter que « Les méthodes conventionnelles utilisées par l’agriculture industrielle sont basées sur l’usage des herbicides, insecticides, et fertilisants artificiels. On sait maintenant que ces méthodes privent les aliments de certains composants essentiels, tels que minéraux, oligo-éléments, chaînes carbonées des métabolites, etc. ». Et de conclure « Ces méthodes industrielles créent aussi des déséquilibres dans la composition des aliments, avec un trop plein de certains éléments, et une carence d’autres. Ces problèmes n’existent pas en production biologique ». Le docteur énumèrera les avantages de l’agriculture biologique par rapport à l’agriculture conventionnelle. Il cite par exemple, l’Institut fédéral allemand de protection du consommateur, qui établit que « Les légumes de l’agriculture biologique contiennent davantage des minéraux et des micronutriments essentiels, en comparaison avec les légumes cultivés en agriculture conventionnelle » ; ou encore que « Les légumes de l’agriculture conventionnelle contiennent des quantités plus importantes de nitrates que les légumes issus de l’agriculture biologique. Ces nitrates se transforment en nitrites dans les voies digestives de l’être humain. Les nitrites se combinent avec les amines pour former des nitrosamines. On sait que les nitrosamines causent des cancers ». D’autres nuisances de l’agriculture conventionnelle seraient liées à l’utilisation du méthane, gaz à effet de serre, aux insecticides, herbicides et pesticides très nocives à la santé humaine. Mais aujourd’hui, des avis moins consensuels s’expriment.
Quelques bémols
Pour Céline Deluzarche (du magazine L’Internaute / « Sciences »), «Il ne faut pas confondre alimentation biologique et alimentation diététique » : le bio ne fait pas maigrir, par exemple. A l’en croire, il ne présente pas d’avantage majeur pour la santé ; des études auraient même démontré qu’il existerait des concentrations de mycotoxines anormalement élevées dans des pommes issues de l’agriculture biologique, qui n’a pas le droit d’utiliser des fongicides (la dangerosité n’est toutefois pas avérée, mais il faut savoir que les produits bio se conserveraient moins bien et moins longtemps que les produits traditionnels). Elle ajoute en revanche que «L’agriculture bio, qui n’a pas recours aux engrais, contribue à la préservation des sols et des eaux souterraines ». En résumé, affi rme-t-elle «achetez bio pour l’environnement et pas pour votre santé ». D’autres sources soulignent que le transport induit par l’import-export des produits bio ne correspond pas à l’objectif écologique de durabilité recherché. On retiendra cependant, qu’au-delà des divergences, tout le monde s’accorde sur le fait que l’agriculture biologique protège mieux l’environnement…
Publié le 14/06/2007 à 12:00 par zatyah
[Plus qu’un simple élément accessoire et décoratif]
Le Bénin se prépare activement à célébrer la 23e journée nationale de l’arbre, le 1er juin prochain. Cette année encore, de nombreux plants seront mis en terre sous les projecteurs des caméras. Mais une fois les lumières éteintes, peu de concitoyens ont à coeur l’entretien de ces arbustes, qui flétrissent au soleil quand leur socle n’est pas transformé en urinoir public. Peu d’entre nous avons conscience que les espaces verts sont d’une importance vitale en ville…
Hugues A. Ahounou
L’arbre a toujours été indispensable à l’homme. Immobile et durable, il survit aux générations. Il fournit abri, nourriture, protection, matériaux et combustible. Tout cela, et plus encore, la forte impression que procure sa taille, son coté intemporel et pourtant bien vivant, explique sans doute la place particulière qu’il occupe, quelles que soient les civilisations, dans l’esprit humain. Des avantages tangibles qui se déclinent sur plusieurs tableaux.
Sur le bien-être de l’individu
L’augmentation de la température dans les villes par rapport à la campagne, la forte densité de surfaces réfléchissantes au sol et près des bâtiments, la présence de couloirs de vent créés par les hauts édifices, par les rues ou par les trous dans le tissu urbain, le faible taux d’humidité provoqué par l’insuffisance de plantations et de surfaces gazonnées indiquent l’importance, et même l’urgence d’introduire de la végétation en milieu urbain par la plantation d’arbres de rues et par la conservation et l’amélioration des espaces boisés urbains et périurbains existants. L’effet le plus évident produit par la végétation sur le micro-climat est l’ombre. L’arbre absorbe et réfléchit les radiations solaires de telle sorte que l’individu recherche l’ombre lors de journées ensoleillées et de grande chaleur. Certains arbres assurent une protection contre les radiations solaires pendant toute l’année. L’absorption par la végétation des radiations de grandes longueurs d’ondes provenant du soleil permet également aux arbres de réduire l’écart entre les températures diurnes et nocturnes. Sous un couvert d’arbres, les journées seront moins chaudes, tandis que les nuits seront moins fraîches. La végétation réduit la vitesse du vent en offrant une résistance au déplacement de l’air. Un écran dense formé de végétaux peut permettre de créer, derrière lui, une zone d’accalmie. La vélocité du vent peut être réduite de 50% sur une distance de 10 à 20 fois la hauteur de l’écran. Le degré de réduction sera fonction de la hauteur, de l’épaisseur et de la perméabilité des végétaux utilisés. Le couvert forestier intercepte également les précipitations, comme la pluie, et peut constituer une protection pour le promeneur.
Sur la qualité de l’air
La présence de massifs boisés contribue à réduire les poussières, les différents polluants chimiques et les germes microbiens. Les poussières sont d’origines diverses, de source industrielle, elles peuvent être le support de polluants chimiques. Elles proviennent de la circulation et de l’activité urbaine en général, et véhiculent alors les produits chimiques et les microbes pathogènes (nuisibles). Elles peuvent aussi être naturelles. Le feuillage permet un certain fi ltrage des poussières suivi d’un lessivage au sol lors du lavage par les pluies. L’effet de la végétation sur l’air pollué lui-même est très différent selon les cas; les polluants peuvent être absorbés et transformés par la végétation (l’anhydride sulfureux, le gaz carbonique et l’ozone) ou être absorbés et accumulés sans transformation par le végétal (fluor, plomb). Il faut aussi mentionner que la végétation pourrait avoir un rôle anti-microbien. Il est maintenant bien connu que le nombre de germes microbiens par m3 d’air est beaucoup moindre en forêt que dans une rue du centre de la ville. De plus, des chercheurs ont mis en évidence des substances à effet bactéricide émises par les feuilles de certains arbres...
Sur la qualité de l’eau
Les espaces verts et les végétaux d’une ville contribuent à absorber l’eau de pluie, par la percolation (entendez écoulement d’eau dans le sol, sous l’effet de la gravité) au niveau du sol et par les racines des arbres. En préservant les espaces verts, il est possible de réduire le volume des eaux de ruissellement, de protéger les sources d’eau et de prévenir ou du moins réduire les dommages occasionnés par des inondations. La présence d’espaces verts permet aussi de limiter la pollution des eaux de surface qui autrement couleraient sur des espaces pavés contenant des polluants comme le plomb et des déchets de toutes sortes. Ces eaux, drainées naturellement vers les cours d’eau ou captées par les égouts pluviaux, contribuent à la pollution de l’eau et à la disparition de la faune aquatique.
Sur la protection des sols
La végétation joue un rôle important pour la protection des sols contre l’érosion par l’eau et le vent. Laissés à nu, les espaces ouverts en milieu urbain peuvent se dégrader rapidement. L’absence de couvert végétal rend la surface du sol plus sensible à l’impact des gouttes d’eau et à la force du vent. Il peut s’ensuivre une dégradation de la structure du sol ou une perte de matériau (par ravinement, érosion par ruissellement, boues, vents de sable, etc.). Le problème est particulièrement important sur les sols en pente, les berges des rivières, les falaises, les collines et les talus. On aurait avantage à protéger les endroits fragiles en conservant la végétation ou en l’implantant là où elle est absente.
Sur la pollution causée par le bruit
Au cours des cinq dernières décennies, le niveau moyen de bruit a augmenté considérablement dans la plupart des municipalités. La présence de végétation peut remédier à l’inconfort provoqué par un niveau de bruit trop élevé. Les obstacles rencontrés peuvent absorber, réfl échir ou réfracter le bruit. La végétation, par ses feuilles plus ou moins poreuses, peut réduire le taux d’énergie sonore. Diverses études sur la création de zones tampons ont démontré qu’une bande de terrain boisé réduit le bruit de 6 à 8 décibels par 30 mètres. Cette atténuation est importante, si on retient qu’une atténuation de 12 décibels correspond à une diminution de la sensation sonore de l’ordre de 50%.
Un refuge pour la faune avienne et terrestre
Les superficies boisées servent également d’habitat à toute une faune terrestre et avienne. Leur rôle est donc considérable en milieu naturel et périurbain. L’observation de la faune, spécialement des oiseaux, représente un loisir de plus en plus fréquent. La présence d’espaces boisés, même parcellaires, permet à cette faune de subsister en milieu urbain. L’interaction entre des espaces bâtis et des espaces libres naturels peut aussi permettre de développer des lieux d’interprétation de la nature à proximité du réseau scolaire. Dans les municipalités (en zone urbaine et périurbaine), la majorité des espaces boisés sont situés sur des terrains moins propices à l’expansion du cadre bâti, tels que les zones de drainage lent, terres basses, berges de rivières, talus à fortes pentes et zones à affleurements rocheux mais offrant une grande diversité d’habitats. Ils jouent donc un rôle primordial dans l’équilibre des écosystèmes présents sur les territoires des municipalités.
Un élément architectural et esthétique
La végétation influence également le milieu urbain dans son expression physique. Elle améliore l’esthétique du paysage bâti, en créant un changement de texture, un contraste de couleur et de forme par rapport aux bâtiments adjacents. Aux abords d’un bâtiment ou d’une résidence bien aménagée, la végétation, arbres et arbustes, s’harmonisent aux éléments architecturaux et les mettent en valeur. La diversité des feuillages et la floraison de différentes espèces ajoutent une note importante parmi les masses bâties, trop souvent concentrées et entourées de vastes espaces de stationnement. La végétation, en milieu urbain et périurbain, aide à définir et à séparer les espaces extérieurs. En zone résidentielle ou dans des aménagements publics, la végétation assure le caractère privé de certains espaces. De plus, la conservation d’une bande boisée peut permettre d’isoler une zone résidentielle d’une voie routière importante ou d’une zone industrielle. Les plantations de rues servent de lien entre les divers espaces publics et les fonctions récréatives. Les plantations d’arbres d’espèces variées peuvent, par exemple, servir à identifier les parcs ou les corridors récréatifs. La ville devient alors un ensemble vivant et bien planifié.
Des équipements sociaux indispensables
Les espaces verts servent de lieux de récréation pour la détente, la promenade, le sport et l’interprétation de la nature. Leur fonction sociale provient du rôle qu’ils jouent, en facilitant l’accès au public pour ses activités de loisir et en favorisant les rencontres entre les citoyens. Or, les espaces libres en milieu municipal sont en nombre restreint. Les espaces boisés intéressants sont pour la plupart de petites superficies et peu accessibles. À proximité des résidences, ces espaces boisés ont un rôle important pour les loisirs spontanés.
L’éducation en matière d’environnement
Dans des sociétés de plus en plus préoccupées par le maintien de la qualité de l’environnement, il convient de développer un réseau d’interprétation de la nature pour les élèves et écoliers; les espaces boisés à proximité des écoles et des résidences représentent des lieux privilégiés de contact avec le milieu naturel. Protéger les arbres, c’est vital. En plantant chacun un arbre, nous contribuons au maintien de l’équilibre écologique. Un chiffre pour conclure : en ville, il faut 53 arbres par habitant pour purifi er l’air pollué!
(Bibliographie : Manuel de foresterie
urbaine. Collection Les Guides Verts, Direction du patrimoine écologique, MENVIQ, 1987).
Publié le 14/06/2007 à 12:00 par zatyah
[TRAVAIL DES ENFANTS DANS L’AGRICULTURE]
La communauté internationale a célébré hier la 6ème journée mondiale contre le travail des enfants. Le Lycée Agricole Mèdji de Sékou (LAMS) a abrité les manifestations officielles pour le Bénin. L’occasion pour les observateurs à divers niveaux d'accentuer la sensibilisation sur les méfaits du travail dans l’agriculture sur l’épanouissement des plus jeunes.
Hugues A. Ahounou
132 millions d’enfants de 5 à 14 ans, c’est près des ¾ (70 %) des enfants dans le monde qui travailleraient dans l’agriculture selon le Programme international pour l’abolition du travail des enfants (Ipec). Ce chiffre fait du secteur agricole le plus grand employeur de mineurs, loin devant l’industrie ou le commerce. Au Bénin, le dernier Recensement général de la population et de l’habitat (Rgph) de 2002, chiffre à 275 648 le nombre des travailleurs ruraux âgés de 6 à 14 ans. Soit plus de la moitié (57,4 %) de cette catégorie. On aurait ainsi affaire à une minorité sacrifi ée, privée d’éducation et bien plus vulnérable aux dangers inhérents aux travaux agricoles. Condamnés à d’intenses efforts physiques durant de longues heures de travail, ces enfants se voient exposés à divers types d’accidents du travail (Outils tranchants, chutes, véhicules agricoles…) souvent sous des températures extrêmes. D’autres part, la manipulation de produits chimiques potentiellement nocifs (engrais, pesticides toxiques…) est porteur de risques d’empoisonnements, de cancer, de problèmes cérébraux ou même d’altération des fonctions reproductrices masculines ou féminines futures. Ajoutons le péril lié à la promiscuité avec les animaux d’élevage en cas d’épizootie. Tous risques encourus en plus de la perturbation de la scolarité, aussi bien pour les garçons que pour les fi lles, font de l’agriculture, y compris dans les pays développés, le secteur d’activités qui pose le plus de problème. Le cas particulier des familles migrantes, des enfants qui sont censés travailler dans des exploitations pour nourrir le reste de la famille apparente le travail des mineurs dans l’agriculture à une traite des enfants. Soulignons cependant que toutes les tâches effectuées par les enfants dans l’agriculture ne leur sont pas forcément nuisibles ou être considérées comme devant être abolies, selon les dispositions de la convention 138 sur l’âge minimum ou la convention 182 sur les pires formes du travail des enfants de l’Organisation internationale du travail (Oit).
Publié le 14/06/2007 à 12:00 par zatyah
[Ecosystèmes menacés]
La prolifération incontrôlée de la jacinthe (ou hyacinthe) d’eau demeure un écueil majeur à la pleine valorisation des eaux territoriales du Bénin, et ce depuis plusieurs décennies. A l’instar de la plupart des pays méditerranéens ou tropicaux, le Bénin n’est pas épargné par ce fléau aquatique récurrent, cauchemar des pêcheurs et autres usagers ou riverains des cours d’eau. Problème écologique aussi bien qu’économique et sanitaire d’envergure mondiale, maints procédés ont été déployés pour en venir à bout. Retour sur une plante initialement importée pour ses vertus ornementales…
Hugues Ahounou
Originaire de la cuvette Amazonienne et des grands lacs et marais de la région de Pantanal dans l'ouest du Brésil, la jacinthe d'eau, Eichhornia crassipes aurait été introduite en Afrique en 1879 comme plante d’ornement. Au Bénin, sa présence aurait été notée pour la première fois en 1977 et ses premières apparitions sur les plans d’eaux remonteraient à 1982. Dans leur thèse intitulée « Stratégies de gestion durable des écosystèmes aquatiques en Afrique : le cas du complexe lac Nokoué-lagune de Porto-novo au Bénin », Emma-Christiane Leite et al. de l’université de Montréal apportent un éclaircissement intéressant. Ils expliquent en effet que « les parties fertiles de la plante auraient été jetées dans les ordures et comme celles-ci servent le plus souvent à colmater les bas-fonds, la plante s’était retrouvée dans un milieu favorable à sa germination et à son développement. Elle aurait alors envahi les cours d’eau à la faveur des eaux de ruissellement ».
Une des plus rapides croissances du règne végétal…
Aussi bien capable de se reproduire par voie sexuée que par voie asexuée, la jacinthe double sa population tous les 6 à 15 jours. Macrophyte (végétal aquatique visible à l’œil nu) dont les tiges peuvent grandir de 0.5 m à 1 m par jour dans certains sites d'Asie du sud-est, sa productivité a été évaluée à 400 graines / minute. Maturité atteinte en une vingtaine de jours, la dormance de ces graines peut encore être levée au bout de 15 ans. Ce qui signifie que quinze ans après leur production, les graines de jacinthe d’eau restent productives. Ajoutons la capacité qu’a la plante de se déplacer, ou plus précisément d’être poussée par le vent et le courant et on comprend aisément comment elle a pu envahir sur le lac Victoria (entre le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie) entre 1989 et 1998, 17374 hectares - soit 173,74 km2 - plus de deux fois la superficie de la circonscription urbaine de Cotonou (79 Km2) !
…Au service d’une capacité de nuisance exceptionnelle.
En l’absence de ses ennemis naturels (ses consommateurs comme le lamantin), la jacinthe d’eau se montre volontiers invasive. Elle forme rapidement des tapis flottants monospécifiques denses, capables de boucher canaux et ports ainsi que de bloquer les arrivées d’eau des centrales hydrauliques et les canalisations d’eau dans les villes. La plante provoque l’eutrophisation des eaux, c’est-à-dire l’accumulation de débris organiques dans les eaux stagnantes, provoquant leur pollution par désoxygénation. S’ensuit l’anoxie : les tapis flottants réduisent la nuit le niveau d'oxygène de l'eau à un taux insupportable pour de nombreuses espèces (plantes, amphibiens, batraciens) qui se retrouvent alors asphyxiées. Ainsi elle entraîne le déplacement de la flore et de la faune locale incapables de concurrencer et/ou de survivre, d’où la perte de la diversité des espèces. Par ailleurs, la jacinthe d’eau appauvrit les eaux en phytoplanctons diminuant ainsi les chances de forte productivité des eaux. En outre, lorsqu’elle meurt, elle libère dans le milieu tous les polluants qu’elle a eus à piéger. Le milieu aquatique devient très pollué. Des conséquences telles que la pollution atmosphérique par suite de la putréfaction et le comblement des fonds des vases en découlent. Elle augmente aussi les pertes en eau en favorisant l'évapotranspiration. D’autre part les tapis de jacinthe hébergent des vecteurs de maladies (bilharziose, choléra, paludisme) et des animaux dangereux (serpents venimeux). Inutile d’ajouter que le commerce et le tourisme sont fortement affectés et la pêche, fort perturbée par le blocage des hélices des barques et la destruction des filets.
Au Bénin, une lutte avant-gardiste
Dans le n°2 du volume 39 de la revue Entomophaga datant de 1994, Van Thielen R. et al. du projet Bénino-allemand pêche lagunaire signent un article qui fait le point de la situation. Intitulé “Importation, releases, and establishment of Neochetina spp. (Col.: Curculionidae) for the biological control of water hyacinth, Eichhornia crassipes (Lil: Pontederiaceae), in Benin, West Africa”, l’article relate une expérience de lutte biologique qui fera des émules. Les auteurs précisent que dix ans après son apparition au Bénin en 1977, la jacinthe était devenue la principale mauvaise herbe aquatique flottante dans le sud est, faisant obstacle à la fois au passage des bateaux et à la pêche. Elle se multiplie dans les eaux constamment douces des zones marécageuses supérieures de la rivière Sô et dans les affluents du fleuve Ouémé. De ces zones, elle est transportée par le vent et les courants vers les lagunes côtières. Ces lagunes sont remplies d'eau saumâtre durant la saison sèche et les jacinthes finissent par y mourir. Une expérience-pilote est menée par le projet dans le sud-Bénin, afin d’évaluer l’efficacité d’une lutte biologique contre la jacinthe à base de charançons, un de ses ennemis naturels. En 1991, une espèce de charançon originaire d'Amérique du Sud, Neochetina eichhornia, fut importée d'Australie au Bénin après une période de quarantaine en Grande-Bretagne. Cette première colonie souffrait d’une petite infestation du champignon nocif Beauveria bassiana qui fut éliminée avant le lâcher, par stérilisation des œufs et élevage d'une génération indemne de champignon. Entre la fin de 1991 et le milieu de 1993, environ 23.900 N. eichhorniae étaient lâchés dans 11 localités situées le long du fleuve Ouémé et en amont de la rivière Sô. Une surveillance régulière révélait des morsures faites par les adultes en se nourrissant sur les feuilles et des mines creusées par les larves dans les pétioles sur tous les sites de lâchers. En octobre 1993, N. eichhorniae s'était dispersé jusqu'à 20 km de certains points de lâcher. Une autre espèce, Neochetina bruchi fut importée en 1992. Au total près de 5.700 charançons ont été lâchés sur 6 sites depuis le milieu de 1992. On a retrouvé des descendants dans tous les sites sauf un. En dépit de l'effet négatif du courant aquatique, du vent, de la pénétration de l'eau salée, et de la destruction des jacinthes infestées par les pêcheurs, N. eichhorniae et N. bruchi se sont acclimatés au Bénin dans un biotope typique de la côte de l'Afrique de l'Ouest. Mais les résultats prometteurs obtenus au Bénin en 1993 servirent surtout en Afrique de l’Est, sur le lac Victoria qui fait vivre 25 millions de personnes, soit un tiers de la population totale de l’Ouganda, de la Tanzanie et du Kenya. En effet, les deux espèces de charançons furent importées depuis le Bénin par l’Organisation nationale de la recherche agricole (Naro) Ougandaise dès 1993. Mais c’est seulement en Janvier 1997 qu’une lutte biologique soutenue démarra sur le lac Victoria, avec des résultas probants. Dès 2001 en effet, les 17374 hectares de jacinthe avaient presque totalement été anéantis par les charançons. En Afrique de l’Ouest, un projet régional impliquant le Bénin, Mali, Niger et la Nigeria, a démarré en octobre 2000, pour effectuer entre autres, une formation en méthodes de surveillance de mauvaises herbes aquatiques et sur l'élevage des charançons Neochetina spp. et d'autres ennemis naturels de la jacinthe d'eau. Il visait aussi l'introduction d'agents de lutte biologique dans le pays et pour établir des unités d'élevage. Seulement, le programme une fois amorcé au Bénin, n’a pas évolué, faute de moyens.
Des possibilités de valorisation
A côté de ses nuisances, les usages de la jacinthe ne valent aujourd’hui pas mieux qu’une roupie de sansonnet. Pourtant, l’E. crassipes a été utilisé pour sa capacité à extraire certains éléments nutritifs et métaux lourds dans les boues des bassins de décantation de traitement des eaux usées. Au Kenya, on a expérimentalement utilisée la hyacinthe d'eau comme un engrais organique, cependant il y a quelques controverses comme les effets sur les sols, dû au pH très alcalin (valeur > 9). On n'y a aussi expérimenté l'usage de la fleur dans l'alimentation animale. Depuis la fin des années 1980, ces usages sont tombés en désuétude. Son seul usage est maintenant de nourrir les canards et de purifier les eaux polluées, exemple du centre Songhaï à Porto-Novo qui l’utilise pour recycler ses eaux usées.